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Les tests et les Trois R
Les produits biologiques et les Trois R
Définir le terme produit biologique
Il n'existe pas de définition unanime en ce qui concerne les composés qui font partie de la catégorie des produits thérapeutiques biologiques, mais la plupart des gens qui travaillent dans ce domaine sont d'avis que les produits biologiques comprennent les protéines (naturelles ou recombinantes), les polypeptides synthétiques, les produits sanguins, les composés génétiques (oligonucléotides) et les cellules et les tissus entiers pour les transplantations. Les vaccins sont également classés dans la catégorie des produits thérapeutiques biologiques, même si un grand nombre de pays ont classé les vaccins dans un ensemble distinct de lignes directrices et de réglements. Au Canada, les composés considérés comme des produits thérapeutiques biologiques (y compris les vaccins) sont inscrits à l'annexe D de la Loi sur les aliments et drogues .
Les défis de la mise en pratique des Trois R
La conception et la fabrication des produits biologiques, ainsi que les tests pour le contrôle de leur qualité, présentent un certain nombre de défis particuliers pour la mise en pratique des Trois R. Le contrôle de la qualité des produits biologiques est souvent fondé sur des tests faisant appel à l'utilisation d'animaux plutôt que sur les essais chimiques in vitro qui sont employés pour la commercialisation de médicaments moléculaires. L'utilisation d'organismes ou de cultures vivantes pour la fabrication de produits biologiques présente des préoccupations réglementaires liées à la variabilité d'un lot à l'autre et à l'introduction potentielle de contaminants dans le milieu de culture. Par conséquent, les tests de puissance et d'innocuité sont généralement requis pour chacun des lots d'un produit biologique afin de maintenir le contrôle de la qualité. Les organismes de réglementation peuvent également exiger la réévaluation de différents lots par des laboratoires du gouvernement.
De plus, certains tests conduits conformément à des méthodes réglementaires anciennes utilisent comme points limites des signes cliniques graves ou la létalité, ou ils peuvent indiquer le recours à des procédures d'utilisation des animaux qui présentent une perte du raffinement ou qui sont désuètes (p. ex., des procédures plus invasives pour le prélèvement sanguin que celles récemment établies).
Étant donné que la conception et la fabrication des produits biologiques, ainsi que les tests auxquels ils sont soumis, nécessitent l'utilisation d'un nombre élevé d'animaux et que ceux-ci peuvent ressentir une douleur et une détresse importantes lors de ces tests, les produits biologiques sont devenus un domaine par excellence pour la mise en pratique des Trois R. Par exemple, aux États-Unis, l'évaluation des produits biologiques a été reconnue par l'Interagency Coordinating Committee on the Validation of Alternative Methods (ICCVAM) comme un des quatre aspects les plus prioritaires pour le développement de nouvelles méthodes possibles. Au Canada, la politique du CCPA exige que l'utilisation des animaux à des fins scientifiques soit faite en ayant recours aux méthodes les plus éthiquement acceptables, et ce, chez un modèle animal approprié et sur le plus petit nombre d'animaux nécessaire à l'obtention de données valides. Par conséquent, la réévaluation des méthodes actuelles et le développement de nouvelles méthodes qui mettent en pratique les alternatives des Trois R représentent des aspects particulièrement importants pour les produits biologiques.
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Les stratégies des Trois R dans le développement de nouveaux produits biologiques
Pour faciliter la mise en pratique des Trois R lors du développement de nouveaux produits biologiques, les chercheurs ou les directeurs d’étude devraient tenir compte des points suivants :
- la plupart des organismes de réglementation examinent chaque nouvelle présentation de produit thérapeutique biologique au cas par cas. La compréhension des exigences réglementaires pourrait aider à réduire le nombre d'animaux requis pour les études sur l'innocuité et l'efficacité, voir même à déterminer si elles sont nécessaires.
- le développement d'autres tests (qui ne font pas appel à l'utilisation des animaux) pour évaluer l'efficacité, la puissance et l'innocuité à un stade précoce pourrait aider à reduire le nombre d'animaux nécessaire pour les tests de contrôle de la qualité qui sont effectués ultérieurement.
- l'activité des produits thérapeutiques biologiques est souvent différente pour chaque espèce. Ceux destinés à être utilisés chez l'humain peuvent entraîner peu de réactions, ou des réactions complètement différentes, lors des tests chez les modèles animaux. Par conséquent, ces tests peuvent ne pas être appropriés dans certains cas.
- le choix de modèles appropriés pour les tests pharmacologiques et de toxicité des produits thérapeutiques biologiques nécessite de comprendre l'interaction entre la cible et le produit thérapeutique biologique testé. Les données de tests in vitro, qui étudient l'affinité de liaison et la bioactivité (propriétés), peuvent aider à déterminer les espèces animales appropriées d'un point pharmacologique, de même que réduire le risque de produire des données erronées.
- les tests précliniques de l'innocuité des médicaments moléculaires exigent l'établissement de la dose sans effet nocif observé (DSENO) ou d'autres marqueurs de la toxicité pour faciliter la détermination de l'intervalle des doses recommandées avant leur première administration chez l'humain. Cependant, pour certains produits biologiques, ces points limites peuvent ne pas être appropriés ou ne pas pouvoir être établis par l'utilisation de modèles animaux (p. ex., aucun effet n'est remarqué chez le modèle animal). Dans ces cas, le niveau minimal d'effet biologique anticipé (Minimum Anticipated Biological Effect Level, MABEL) peut être une alternative valable pour l'estimation de la dose initiale et le degré d'exposition.
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Les stratégies des Trois R pour la fabrication de produits biologiques existants et pour les tester
Pour favoriser la mise en pratique des Trois R lors de la fabrication de produits biologiques existants, ainsi que lorsqu'ils sont testés, l'industrie et le gouvernement devraient tenir compte des points suivants :
- l'abandon de tests obsolètes ou redondants (alternative de remplacement);
- la détermination de critères pour identifier les situations dans lesquelles les tests chez l'animal ne sont pas nécessaires pour de nouveaux produits biologiques (par exemple, pour l'administration d'une protéine humaine à une personne qui présente une carence de cette même protéine) (alternative de remplacement);
- la révision de la teneur des monographies de produits afin d'exiger l'utilisation de méthodes ne faisant pas appel à l'utilisation des animaux pour effectuer les tests lorsque cela est possible (alternative de remplacement);
- le développement et la validation des tests in vitro (alternative de remplacement);
- la minimisation ou l'abolition des exigences réglementaires concernant leur réévaluation par un laboratoire du gouvernement (alternative de réduction);
- l'harmonisation des tests ou l'entente concernant la reconnaissance mutuelle des données obtenues lors de tests entre les organismes de réglementation (alternative de réduction);
- l'utilisation d'une espèce pour l'évaluation du danger (alternative de réduction);
- la combinaison, dans la mesure du possible, des tests de puissance et d'innocuité (alternative de réduction);
- l'utilisation de méthodes statistiques pour déterminer le nombre d'animaux requis pour effectuer un test (alternative de réduction);
- l'utilisation de techniques sérologiques dans lesquelles la présence d'anticorps spécifiques dans le sang d'animaux inoculés est employée comme témoin pour démontrer la protection qui s'élève contre l'agent pathogène en cause (alternatives de réduction et de raffinement);
- l'utilisation de points limites expérimentaux éthiquement acceptables (alternative de raffinement);
- la préparation et la révision de méthodes pour effectuer les tests afin de prescrire l'emploi des procédures les plus raffinées pour utiliser des animaux (p. ex., la méthode la moins douloureuse pour le prélèvement sanguin et l'utilisation d'analgésiques) (alternatives de raffinement).
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Pour de plus amples renseignements sur les produits biologiques et les Trois R, les ressources suivantes peuvent s'avérer utiles :
Ressources en ligne
- Associate Parliamentary Group for animal welfare (APGAW). The Use of Animals in Vaccine Testing for Humans, Horsham (West Sussex, Royaume-Uni), RSPCA, 2005, 23 p. [en anglais seulement]
- COOPER, J. et JENNINGS, M. Advancing animal welfare and the 3Rs in the Batch Testing of Veterinary Vaccines, Horsham (West Sussex, Royaume-Uni), RSPCA, 2008, 73 p. [en anglais seulement]
- Interagency Coordinating Committee for the Validation of Alternative Methods (ICCVAM). Report of the ICCVAM-NICEATM/ECVAM Scientific Workshop on Alternative Methods to Refine,Rreduce and Replace the Mouse LD50 Assay for Botulinum Toxin Testing, 2008. [en anglais seulement]
- The National Toxicology Program Interagency Center for the Evaluation of Alternative Toxicological Methods – Interagency Coordinating Committee for the Validation of Alternative Methods (NICEATM-ICCVAM). NICEATM-ICCVAM 5-Year Plan (2008-2012), Research Triangle Park (NC, États-Unis), 2008, 60 p. [version html ou pdf; en anglais seulement]
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Autres publications
- HENDRIKSEN, C.F.M. « Reduction of numbers of animals used in the quality control of biologicals », dans ATLA, vol. 32, supplément 2, 2004, p. 53-58. [en anglais seulement]
- HENDRIKSEN, C.F.M. « Three Rs achievements in vaccinology », dans AATEX, vol. 14, numéro spécial, 2007, p. 575-579. [en anglais seulement]
- HENDRIKSEN, C.F.M. « Towards eliminating the use of animals for regulatory required vaccine quality control », dans ALTEX, vol. 23, n° 3, 2006, p. 187-190. [en anglais seulement]
- METZ, B., HENDRIKSEN, C.F.M., JISKOOT, W. et KERSTEN, G.F.A. « Reduction of animal use in human vaccine quality control : opportunities and problems », dans Vaccine, vol. 20, n° 19-20, 2002, p. 2411-2430. [en anglais seulement]
- SNODEN, D.F. et RYLE, R.R. « Understanding and applying regulatory guidance on the nonclinical development of biotechnology-derived pharmaceuticals », dans Biodrugs, vol. 20, n° 1, 2006, p. 25-52. [en anglais seulement]
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