Les alternatives de raffinement

L'enrichissement du milieu

Le milieu dans lequel les animaux utilisés à des fins scientifiques sont hébergés devrait être conçu de manière à permettre l'expression de comportements fortement motivés, principalement déclenchés par des stimuli internes comme les changements hormonaux. Un environnement qui ne permet pas l'expression de ces comportements entraîne un état de bien-être compromis chez l'animal. De plus amples améliorations apportées au milieu sont généralement désignées par le terme « enrichissement du milieu ». Enrichir le milieu dans lequel un animal d'expérimentation évolue signifie l'inclusion de stimuli favorisant l'expression de comportements et d'activités mentales qui sont appropriés à l'espèce, et ce, au-delà de ce qui est requis afin de prévenir la souffrance chez l'animal.

Le concept d'enrichissement du milieu se fonde sur les affirmations suivantes :

  • Les animaux ont des besoins physiologiques et comportementaux. Ces besoins sont interreliés et leur satisfaction influence les réactions tant physiologiques que comportementales et, par conséquent, leur bien-être et les résultats expérimentaux.
  • La complexité, le contrôle et la prévisibilité sont des éléments essentiels à la mise en place réussie d'un programme d'enrichissement du milieu, c'est-à-dire qu'il est nécessaire de prendre en compte tout particulièrement chacun de ces éléments (y compris leur influence mutuelle) au moment de l'introduction d'une stratégie d’enrichissement du milieu.
  • Pour concevoir un (nouveau) programme valable d'enrichissement du milieu, il est primordial de bien connaître l'histoire naturelle de l'espèce en question et d'être conscient des périodes de sensibilité au cours de son développement, ces dernières pouvant être l'occasion d'introduire des stratégies d'enrichissement de manière efficace.

Les différentes catégories d'enrichissement sont regroupées selon qu'il s'agit de stratégies sociales (avec ou sans contact), physiques (complexes, sensorielles et nutritionnelles) ou liées à l'espèce.

Les principaux facteurs qui doivent être pris en considération sont :

  • la possibilité de socialiser ou non avec des congénères;
  • la possibilité d’être actif durant les heures d'éveil;
  • la possibilité de se cacher; et
  • la possibilité de faire de l'exercice et avoir les installations pour en faire.

Au moment de l'introduction d'une stratégie d'enrichissement du milieu, il faut d'abord tenir compte de l'histoire naturelle des espèces, dont les renseignements doivent être utilisés afin d'introduire des objets de même que des stimulations sociales appropriés au milieu dans lequel l'animal est hébergé. Le degré de complexité devrait permettre à l'animal d'élargir son répertoire de comportements, ce qui peut améliorer le bien-être de l'animal. L'ajout de la possibilité pour l'animal d'être responsable de la fréquence ou des moyens d'interaction avec les différents éléments d'enrichissement peut constituer une amélioration supplémentaire du bien-être.

Des préoccupations sont parfois émises à savoir que l'enrichissement du milieu dans lequel l'animal est hébergé peut entraîner une variabilité des résultats expérimentaux. Cependant, des études ont récemment montré que le fait de permettre à un animal d'exprimer un plus grand éventail de comportements peut produire un animal « plus normal » et améliorer la validité des données scientifiques.

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(Cette section s'inspire de Baumans [2006] et de Würbel [2007].)

Pour de plus amples renseignements sur l'enrichissement du milieu dans lequel sont hébergés les animaux utilisés à des fins scientifiques, les ressources suivantes peuvent s'avérer utiles :

Ressources conçues par le CCPA

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Articles en ligne
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Autres publications
  • BURNS, C.C. « What is it like to be a rat? Rat sensory perception and its implications for experimental design and rat welfare », dans Applied Animal Behaviour Science, vol. 112, n° 1-2, 2008, p. 1-32. [en anglais seulement]
  • MASON, G. « Stereotypies : a critical review », dans Animal Behaviour, vol. 41, n° 6, 1991, p. 1015-1037. [en anglais seulement]
  • MASON, G. et LATHAM, N.  « Can’t stop, won’t stop : is stereotypy a reliable animal welfare indicator? », dans Animal Welfare, vol. 13, Supplément, 2004, p. S57-S69. [en anglais seulement]
  • PATTERSON-KANE, E. « Enrichment of laboratory caging for rats : a review », dans Animal Welfare, vol. 13, Supplément, 2004, p. S209-S214. [en anglais seulement]

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